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Un peu de nous ici, avant que l'hiver nous enivre... L'archipel de Mingan, Côte-Nord.


Un petit peu de nous avant que l’hiver s’installe pour de bon, avant que nos souvenirs d’été soient trop loin derrière… Des souvenirs retrouvés à des centaines de kilomètres d’ici, d’autres créés et savourés longuement, doucement, au rythme des vagues qui cogne sur la grève. Le temps s’écoule si lentement sur ma côte. La beauté de la nature est brute, écorchée parfois, mais ne te laisse pas indifférent. Revenir chez nous au sens propre? Ou figuré? Dure à dire pour les nomades que nous sommes devenus au fil des déménagements, avec les années et notre réalité. Où sont vraiment nos racines? Je sais cependant que les miennes sont parties de là… belle Côte-Nord. Mon sang salé, c’est de là qu’il émane. La famille retrouvée, les retrouvailles amicales, les gens rencontrés avec regard et sourire invitant, chaleureux, vrai. C’est ça la côte, c’est vrai, c’est simple, c’est doux. C’est ce qu’on avait besoin après une grosse année de petites embuches, de grands changements essoufflant. Ce n’est pas de tout repos revenir « chez soi »! Je me l’étais fait dire par ceux qui ont passé par là avant, par de grands voyageurs qui rentrent au bercail, je ne le croyais pas tant. Ça nous a frappé en pleine face… Il faut se laisser le temps. Le prendre. Essayer de se perdre un peu, là où tout nous semble trop familier. Revoir la Côte-Nord avec nos nouveaux yeux, ceux qu’on a développés dans les dernières années, ceux qui prennent le temps d’observer et de découvrir, de se poser et de se laisser émerveiller par ce qui se passe devant eux. 

De Tadoussac à Kégaska, le long de cette 138 qui te lance la démesure de ses paysages en pleine gueule durant des heures et des heures de route, de courbes… « C’est loin la Côte-Nord! » diront certains. Je préfère vous dire que c’est immense et riche. Oui, il y a des petites longueurs, un nombre incalculable de mini mouches tannantes à certains endroits, tu te surprends quelques fois à te demander quoi faire de ton temps et à quoi dont ressemble le quotidien de ces habitants pour qui la vie coule si doucement… Mais tout ça fait partie de l’identité de la région et ça fait du bien. Le genre de voyage qui nous remplit les batteries. Les plus beaux paysages salins devant lesquels me flatter la bedaine qui portait encore une fois, une précieuse minuscule vie. Une sérénité et un calme qui m’ancraient au moment présent, tout en me permettant de croire que tout irait bien pour l’avenir. Que ce petit bébé soit enfin là pour rester et qu’il apportera avec lui tant d’amour et de joie au sein de notre famille tricotée serré. Je pouvais déjà m’imaginer lui présenter ma mer dans quelques années, le voir courir sur la plage, bouclettes au vent! 

Je vous présente quelques clichés volés d'un merveilleux passage de notre voyage sur la Côte, notre petite escale au Havre-Saint-Pierre et notre premier vrai contact avec l'Archipel de Mingan. Quel coup de coeur! J'ai la chance d'avoir plusieurs membres de ma famille qui habitent ce petit paradis terrestre et qui nous ont accueillis comme des rois. Balade en bateau, fruits de mer, la guitare auprès du feu... Ces journées à se laisser bercer au rythme des cayens (et de leur accent si charmant). Ce moment sur les îles, où nous avions l'impression d'être seul au monde et d'avoir toute cette beauté juste pour nous... C'était parfait! C'était succulent. Je leur en suis tellement reconnaissante. Merci mes Landry d'amour. La chance que j'ai de faire partie de cette belle et grande famille!  

Bonne bouffée d'air frais à vous fidèles lecteurs. Ouvrez vos yeux, vous y verrez cette nature écorchée, mais si belle. Ouvrez vos oreilles, il y avait le chant des phoques... L'odeur de la mer! La saveurs de ses fruits... 

C'est beau la Minganie, hein? J'ai tellement d'autres images à vous partager, d'autres perles   cachées à vous présenter. Ça viendra, restez avec moi. Je vous livre ici ma Côte-Nord... Une invitation à venir y prendre votre temps et tomber amoureux.

Merci de m'avoir attendue, la route a été longue. 























Les fleurs de Bonn


Je me  fais silencieuse depuis quelques mois. Je suis un peu perdue dans ma tête, mélangée dans mes feelings, cette envie de tout partager une dernière fois avec vous et de tout garder pour moi en même temps, égoïstement, parce que ça finit bientôt et que j'utilise toute mon énergie à savourer le moment. Il s'est passé une foule de choses depuis le dernier billet. Les anniversaires des enfants, notre petit Noël, la visite de nos amis de Québec en décembre avec qui nous avons passé un merveilleux moment et à qui c'était tellement agréable de faire visiter les environs. Il y a aussi eu la confirmation de la destination de notre prochain déménagement et la petite tempête que cette nouvelle a apportée avec elle, notre court passage au Canada au début du mois d'avril, le count down des trois derniers mois qui est entamé... C'est beaucoup en si peu de temps. Et à travers tout ça, on fait de notre mieux Daniel et moi, individuellement et ensemble. Nous essayons de garder le cap et de traverser cet océan d'incertitudes, d'excitations, d'appréhensions, de petites et de grosses vagues, de la façon la plus douce et positive possible pour les enfants. C'est tellement important. Nous avons de bonnes étoiles, je suis confiante que tout ira bien et qu'on fera de notre prochaine destination une autre belle aventure, mais d'ici là je crois que le plus beau cadeau qu'on peut se faire est d'apprécier et de profiter de nos derniers moments européens au maximum. J'ai déjà écrit ça ici, je le redis encore... C'est fou comme on ne voit et ne ressent plus les choses de la même façon lorsqu'on sait que c'est bientôt fini. 


Sur ma liste de choses à voir avant de partir, il y avait la ville de Bonn qui est l'ancienne capitale fédérale du pays, située à environ 25km de Cologne et au bord du Rhin. C'est aussi la ville qui a vu naître le très populaire compositeur Ludwig van Beethoven et où ce dernier a passé les premières 22 années de sa vie. Je voulais voir Bonn, mais pas n'importe quand, en avril, alors qu'elle nous fait cadeau de ses arbres de fleurs de cerisiers au summum de leur beauté. Je voulais avoir la chance de voir cette fameuse allée recouverte de nuages roses et spécialement d'y flâner tranquillement avec ma Lili, qui aime autant que sa maman, la beauté et la douceur des fleurs. 


J'avais exactement cette vision précise et quand j'ai une vision ou un but si clair, je n'ai pas le choix de me donner toutes les chances possibles pour que ça puisse se produire. Nous nous sommes levés à 5h00 ce samedi matin là. Fous comme ça! Heureusement, j'ai un homme qui comprend, apprécie et partage aussi ma quête intense du "moment idéal". La lumière feutrée d'un lever de soleil, le son des oiseaux qui chantent, l'odeur des premières fournées de pains des boulangeries qui flotte dans l'air, les rues encore endormies où les enfants peuvent courir, gambader ou même danser sans avoir peur de se perdre dans la foule... Toutes ces petites choses qui transforment un moment! Les détails peuvent tout changer lorsque tu leur portes attention. Qu'on soit en plein centre-ville, sur une plage de galets où au pied d'un château, c'est comme ça que j'ai l'impression qu'on s'approprie vraiment un endroit et qu'on s'en imprègne totalement pour en faire une expérience, un souvenir.


Avril tire à sa fin et le printemps lui s'installe pour de bon. La saison est magnifique ici, tout reprend vie, la nature est belle et par le retour des temps doux et du soleil, elle nous fait redécouvrir les différents plaisirs et petites merveilles que nous avions un peu oubliés le temps d'un hiver. Les changements de saisons, le renouveau... ça fait tellement de bien. Il y a quelque chose de rassurant avec le retour des belles saisons. Comme les fleurs de Bonn au printemps. Ce petit bonheur, il revient toujours. 


POPCARTE : Mon histoire de cartes postales

Il y a quelques semaines, la compagnie Popcarte m’a approchée dans le but de collaborer avec mon blogue et d’essayer leur service en ligne de création de cartes de voeux (Allo Noël qui est presque là!), d’invitations de toutes sortes, de faire-part de naissance et de cartes postales. Bien évidemment, j’ai été intriguée par leur service et leurs produits parce qu’en général dans la vie, je suis une fille qui accorde beaucoup d’importance aux petits détails, aux petites attentions et que j’essaie toujours de faire ce qui est en mon possible pour créer plein de souvenirs que mes enfants pourront chérir lorsqu’ils seront grands. J'adore envoyer des cartes et en recevoir me fait toujours un énorme plaisir. J’ai pris le temps de penser à l’importance que j’accordais à l’écriture, au partage, aux petites attentions parce qu’en fait c’est ça pour moi une carte postale ou une carte de voeux… Une belle attention. Un petit: "Coucou! Je pense à toi! Tu es important pour moi...".

J’aime écrire. J’adore les petits cahiers de notes, les journaux intimes, les beaux papiers, les crayons… J’ai toujours eu un faible pour ce genre de choses et drôlement, j’ai fait cadeau de cet amour-là à ma Lili en la mettant au monde. Lorsqu’elle peut choisir une surprise au magasin, elle va automatiquement vers le rayon de la papeterie. Elle peut passer des heures à griffonner dans son cahier doré, elle en traine un dans son sac à dos pour l’école et ça fait partie des choses qu’elle a mises sur sa liste au père Noël  encore cette année… Ça me fait sourire. Telle mère, telle fille. En ce qui me concerne, avec les dernières années passées en Europe loin de nos proches et tous les voyages que nous avons eu la chance de faire, j’ai un peu troqué le papier à lettres pour les cartes postales. 

Au début, j’étais tellement excitée par notre nouvelle aventure et par tout ce qu’on explorait que j’avais envie que d’une chose : partager tout ça avec les gens que j’aime.  Je me revois encore assise dans ma petite cabine sur le bateau qui nous transportait vers notre nouvelle vie européenne entrain d’écrire des cartes pour nos proches en me disant que ça allait leur faire plaisir de recevoir de nos nouvelles. C’est toujours plaisant de recevoir autre chose que des comptes à payer dans la boite aux lettres.

 Si je réfléchis bien, je crois qu’en fait ce que j’aime c’est l’attention qui est en nous lorsqu’on s’installe tranquillement avec son beau papier, son journal, ses cartes postales… On veut créer quelque chose, faire sourire quelqu’un ou encore partager un moment important avec un ami. On le fait souvent dans le but d’offrir cette attention à autrui, mais on le fait parfois pour nous, pour se libérer l’esprit ou pour pouvoir se replonger dans nos souvenirs un jour… Au fil des voyages, j’ai continué d’acheter quelques cartes postales ici et là, mais je me suis rendue compte que de moins en moins je prenais le temps de les envoyer. Elles ont pour la plupart fini dans une grosse boite que je garde dans notre bibliothèque. J’ai gribouillé quelques mots derrière certaines pour nous souvenir de notre voyage à tel ou tel endroit, j’y ai inscrit une date, mais c’est un peu comme si par manque de temps et de motivation, je reportais l’envoi de mes cartes à plus tard pour finalement, ne pas les envoyer du tout… Je m’en veux un peu, parce que j’aurais aimé être plus disciplinée, même si c’est pour nos souvenirs familiaux à nous et pas toujours pour envoyer à nos familles et amis. Bref, je suis bien contente maintenant de connaitre un site et une application comme Popcarte qui selon moi facilite énormément l’envoi de cartes postales (à la maison ou ailleurs) et nous permets de créer de vrais petits chefs-d’œuvre. J’ai déjà hâte de repartir en voyage! 

POPCARTE C'EST QUOI?

Popcarte est un site web (et une application) qui vous permet de créer vous-mêmes vos propres cartes postales personnalisées (tellement plus originales et agréables à recevoir) et qui les envoie pour vous, directement chez vos destinataires, peu importe l’endroit où ils se trouvent sur la planète. C’est super facile d’utilisation, pratique, la livraison est rapide, la qualité est impressionnante et le prix est très abordable. Vous pouvez également créer un paquet d’autres produits intéressants en utilisant la tonne de mises en page proposées, les mots de votre choix et vos propres photographies. Les possibilités sont immenses! Je trouvais que c'était un service franchement intéressant à connaitre entre autres pour ceux et celles qui voyagent régulièrement (vous êtes quelques uns à me lire ici j'en suis certaine...) que vous soyez du Canada ou d'ailleurs. 


Puisque je n’avais pas de voyage de prévu prochainement, j’ai profité de l’essai que me proposait la gang de chez Popcarte pour créer un petit souvenir personnalisé pour chacun de mes enfants. Une carte postale directement adressée à ma Lili et mon Elliot du futur que je glisserai assurément dans la boite à souvenir de leur aventure européenne. Ahhhh grande nostalgique que je suis… Vous commencez sans doute à bien me connaitre! 




*Bien que cet article résulte d'une collaboration entre heyvanmay et Popcarte, les opinions partagées dans ce texte demeurent entièrement les miennes

Happy Halloween - Monschau ! Du bonheur et des sourires.


Je me souviens il y a quatre ans, notre premier automne européen, ce fut pour moi un grand étonnement (et une déception, je l'avoue) de constater que les célébrations d’Halloween étaient quasi inexistantes dans mon bout d’Allemagne. Bien sur, parce que nous sommes une petite communauté canadienne et que nous sommes mélangés au travers plusieurs Américains, la fête d’Halloween ne passe pas totalement sous silence, mais elle est plutôt délaissée de nos amis allemands (qui pourtant semblent ne pas en manquer une pour faire le party!). Ils soulignent la venue de l’automne, ils connaissent Halloween, mais semblent avoir délibérément choisi de ne pas en faire une grosse affaire. Je ne peux pas trop leur en vouloir, avec les Oktoberfests, la Saint-Martin, Saint-Nicolas, les marchés de Nöel… Ça en fait pas mal au compteur.

Il y a quatre ans, nous étions les seuls bizarres de la rue (voir du quartier) à décorer nos fenêtres de chauvesouris et à suspendre des squelettes à côté de la porte d’entrée. Bein coudonc! Je n’allais tout de même pas en mourir de passer les prochaines années sans fêtes d'Halloween tels qu’on les connait, nous, nord-américain, mais ça allait assurément me manquer un peu. J’ai toujours adoré Halloween! C'est dans mes plus beaux souvenirs d'enfance et c'était tellement important pour moi que mes enfants puissent aussi vivre la magie du 31 octobre. Je me consolais en me disant qu’en échange nous allions découvrir une pelletée d’autres belles fêtes et traditions.  Ça fait partie de l'aventure d'expatriation... Heureusement, nous réussissions toujours à souligner l’occasion entre Canadiens, le temps d’une soirée thématique organisée pour les enfants. Une année chaque famille avait fabriqué sa maison hantée en carton et les enfants passaient d’une boite à l’autre pour récolter des bonbons. L’autre année ce fut d’une citrouille à l’autre que les petits passaient pour remplir leur sac de friandises. Tout pour leur permettre de vivre malgré la distance l’excitation de cette belle tradition.

Et voilà qu’avec le temps, très doucement, j’ai l’impression qu’Halloween trouve de plus en plus sa place ici. Les magasins offrent une sélection un peu plus fournie de trucs effrayants et quelques voisins prennent même la peine de tailler leurs citrouilles et de décorer leurs fenêtres. Certaines villes organisent des festivités autour du thème de la fête d’Halloween. J’étais tellement énervée quand j’ai découvert que Monschau (my happy place, mon endroit favori, celui que je ne me tanne jamais de visiter) organisait depuis quelques années déjà (ah bon!) des activités spéciales pour l’occasion. Puisque c’est notre dernière année en Allemagne, je ne voulais pas manquer ma chance d’y participer et de voir un peu l’engouement (ou non) qu’Halloween avait maintenant sur les Allemands. Bien sûr nous avons choisi de nous rendre sur place en après-midi à cause de nos jeunes enfants trop petits et trop facilement traumatisés (mais probablement que la programmation des soirées effrayantes en valait plus la peine).  Nous sommes débarqués à Monschau avec nos petits monstres costumés (et tellement heureux de l’être!) armés d’un sac pour leur récolte sucrée. C’était beau de les voir gambader dans les petites rues de Monschau en criant des "Happy Halloween!" à qui voulait bien l’entendre. Nous nous sommes vite rendu compte qu’ils étaient presque les seuls déguisés et que la récolte de bonbons était en fait un rallye d’une dizaine de commerçants où les enfants devaient répondre à des questions (uniquement écrites en allemand) pour obtenir un petit bonbon. J'ai tellement ri quand je me suis rendue compte qu'une des stations du rallye était chez un vieil antiquaire rempli de mille et une choses beaucoup trop fragiles et où la dame qui y travaillait s'est empressée de dire "chut! chut! chut!" aux enfants lorsqu'ils y ont mis le pied (lire ici: lorsqu'ils sont débarqués dans la boutique comme une tempête! Oupsy!). J'avais l'impression que le côté "enfant" de la fête d'Halloween n'avait pas été totalement compris. Nous étions encore bien loin de ce que nous avions imaginé, mais l’effort était là et c’est tout ce que ça prenait aux enfants pour être content. Il faut dire que déjà la beauté de la ville de Monschau mélangée aux quelques décorations d'Halloween installées ici et là offrait un cadre vraiment magnifique. Franchement, c'était bien!


Ils sont revenus à la maison avec seulement 3-4 bonbons dans le fond du sac et un petit biscuit dure au goût d'épices de Noël, mais ils étaient bien heureux d'avoir pu se costumer et passer un moment entre amis à célébrer. Il n'y avait pas grand chose dans le sac, mais vous auriez dû voir tous les sourires qu’ils ont réussi à récolter à même le visage des passants tout au long de la journée! Après tout, c’était déjà tellement suffisant… 

Joyeuse Halloween mes amis!