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Coquelicot, vie militaire et littérature jeunesse.


Aujourd’hui, dernier vendredi d’octobre, temps de l’année où les coquelicots rouges se retrouvent un peu partout dans la maison, dans l'auto, sur nos manteaux et dans notre fil d’actualité Facebook. Novembre, le mois où on replonge dans l’histoire, dans les souvenirs, et parfois même dans NOS souvenirs… Ces hommes et femmes qui se sont battus pour nous, pour la liberté, on ne les oublie pas. Je pense à ces grandes guerres, ces grands moments historiques, mais aussi, et surtout à l’Afghanistan, cette mission qui m’a touchée un peu plus personnellement. Je pense à ceux qui ne sont jamais revenus et à ceux qui sont revenus brisés un peu en dedans.  Je pense aux époux et épouses qui ont gardé le phare durant les longues absences et aux enfants qui ont compté patiemment les dodos. Merci.

Est ce que c’est parce qu’on partage toutes notre quotidien avec un soldat? Parce que nous élevons nos enfants à travers les missions et les exercices? Parce que nous vivons toutes, chacune dans notre bout de pays, la réalité de la vie militaire, cette belle aventure? Je l’ignore, mais en novembre plus que jamais, je me sens proche et  j’ai l’impression de partager quelque chose de fort avec toutes ces conjointes de militaires qui je sais très bien, sourient intérieurement chaque fois qu’elles croisent une personne portant fièrement le coquelicot. Parce que voir cette reconnaissance envers ceux qui ont combattu nous touche beaucoup, elle nous fait du bien à nous aussi. Comme une petite tape dans le dos, un merci silencieux.



Mes enfants grandissent dans une famille et dans un style de vie militaire, je tiens donc à leur expliquer avec des mots justes et de belles histoires ce jour spécial du mois de novembre et toute son importance. J’aime « célébrer » et « souligner » les moments importants dans l’année et pour nous, le 11 novembre n’est pas une journée comme les autres. Jusqu’à maintenant Lili se contentait de savoir que la fleur rouge que les gens portent est pour se souvenir  des « soldats partis au ciel », mais maintenant qu’elle vieillit, elle se questionne davantage. Je me dis que je ne suis surement pas la seule dans cette situation, alors j’ai fait quelques recherches afin de dénicher des titres de livres (anglais et français) pour enfants, petits et grands, qui vous permettront d’engendrer de belles discutions avec vos minis autour du thème du jour du souvenir et du métier de militaire.  Je me permets aussi de glisser une suggestion de livre abordant le sujet du syndrome post-traumatique, parce que oui, il arrive dans certains cas qu'on doive en parler aussi. 


  1. Le chien du soldat / The soldier's puppy, Peter Millett and Trish Bowles, SCHOLASTIC (ICI)
  2. BUNNY cheval de guerre / BUNNY the brave war horse, Macleod and Marie Lafrance, SCHOLASTIC (ICI)
  3. A Bear in War, Stephanie Innes ans Harry Endrulat, Pajama press (ICI) (Anglais seulement)
  4. Why is dad so mad? A book about PTSD and military families, Seth Kastle, Kastlebooks (ICI) (Anglais seulement)
  5. Un coquelicot pour se souvenir / A poppy is to remember, Ron Lightburn, SCHOLASTIC (ICI)
  6. Charles: Enfant de la seconde guerre mondiale, Eleonora Barsotti, Éditions Piccolia (ICI)

Si la langue anglaise n'est pas un problème pour vous, mon coup de coeur va à A Bear in War, qui est une histoire vraie et magnifique. Le livre raconte l'histoire d'un ours en peluche envoyé sur le champ de bataille par une petite fille pour rejoindre son papa, un militaire qui servait lors de la Première Guerre mondiale. Il est même possible de visiter Teddy la peluche au musée canadien de la guerre à Ottawa. Un livre à se procurer absolument! 

Bonne lecture, bonne discution. 
Lest we forget.


CARNET D'IRLANDE: Oui, il nous a fallu qu'une journée...

PÉNINSULE DE DINGLE - JOUR 1


... pour tomber amoureux de l'Irlande! Vous me croyez hein? Et dire que cette minuscule tache fuchsia au centre de la photo du haut et bien c'est Lilou, perdue dans toute cette verdure. C'était immense! J'avais totalement l'impression d'être un petit bonhomme de plastique qu'on avait lancé sur une maquette de la planète terre. Les falaises tranchaient si franchement le sol et l'océan s'y frappait à pleine force, nous étions tous impressionnés. Dur de ne pas l'être. 


Ces photos ont été prises sur le Slea Head Drive qui est enfaite une route touristique qui permet d'explorer la péninsule de Dingle (ahhh... je veux y retourner!) tout en passant par des endroits où la vue est à couper le souffle. Pas étonnant que cette route soit parmi les plus belles d'Irlande. Il y a tout plein d'haltes et je vous laisse deviner comment c'est merveilleux de s'y arrêter pour y pique-niquer. J'aime un peu trop les pique-niques je pense. Partout! Tout le temps! Tellement moins stressant qu'un repas au restaurant avec les enfants, on s'entend. 

On a fait nos rebelles, on a sauté la clôture pour aller voir à quoi ressemblait le bout du bout. L'ascension fut difficile. Pas tant au niveau cardiovasculaire la... Juste à cause des 186237467293 tas de merde (oups) de moutons qui fallait éviter. Les tas de merde... c'est le running gag du voyage ça. Bon, passons... 


Un peu plus tard dans l'après-midi nous nous sommes rendus au Connor Pass, qui est un col de montagne qui offre un panorama complètement fou et encore une fois, plein de moutons spottés. Ils étaient là, dans leur habitat naturel, à manger l'herbe bien tranquillement... On marchait à travers eux, comme si de rien était. J'aime ce genre d'endroit, surtout avec les enfants. Je n'avais pas peur qu'Elliot se garroche quelque part et qu'il se casse une jambe ou qui Lilou se fasse squeezer dans une mare de touristes trop énervés... Il n’en avait pas de problème! De l'espace et du calme! Un autre beau terrain de jeu pour mes minis. Quand je les vois jouer comme ça au bout du monde, courir vers le top d'une montagne, construire des châteaux avec des gros cailloux, c'est dans ces moments-là que je suis le plus reconnaissante envers la vie d'avoir mis cette aventure sur notre chemin. Ça me confirme une fois de plus comme on a fait le bon choix de laisser la stabilité et le confort de notre beau pays  derrière, de déraciner nos enfants un petit peu et de les pousser à vivre l'expérience avec nous, en famille. Bref, mon coeur et mes yeux de maman fondent devant ces visions-là. 


Nous en étions qu'à notre premier jour d'exploration et j'avais l'impression que ce qu'on avait vu était comme le summum de ce qu'on pouvait voir en terme de beaux paysages... La barre était haute pour les 3 autres journées qui nous restaient dans la péninsule. Quoi que le RING OF KERRY soit quand même bien quoté dans la catégorie des belles places... À suivre! Là nous étions rendu à l'étape du retour au cottage, a mettre la soupe aux tomates sur le rond, enfiler nos gros bas de laine et relaxer nos petites jambes histoire d'être d'attaque pour le lendemain. 

Cheers à cette première journée, le vino était bon en si bonne compagnie! 



CARNET D'IRLANDE: Bonjour Dingle!


Je me souviens comment l’idée est venue, c’était il y a un an, nous étions sur la route vers Amsterdam, un de nos premiers voyages et pour passer le temps, Daniel et moi regardions le prix des billets d’avion pour un peu partout à partir de notre nouveau chez nous. On était encore tellement stupéfait de voir à quel point voyager était plus abordable de ce côté-ci de l’océan. Et là j’ai vu les prix pour DUBLIN passer sur mon écran… ridicule! Nous nous sommes mis à rêver… L’Irlande! Qui ne veut pas y mettre les pieds? Nous étions pas mal certains que nos amis qui venaient nous visiter en octobre partageraient notre coup de cœur pour le pays vert et que ce serait l’endroit parfait pour passer de bons moments ensemble. Nous les avons embarqués dans le projet! Dans un an nous partirons découvrir un bout d’Irlande, c’était décidé. J’ai juste négligé un petit détail volontairement, j’ai gardé le secret pour mon amie Maude. Elle savait qu’on partait en voyage à partir de l’Allemagne, mais ne connaissait pas la destination. Ça rendait tout ça encore plus excitant. Merci à mes complices d’avoir tenu leur langue.

C’est avec de la Guinness, de la musique irlandaise, des trèfles sur les murs et des chapeaux de farfadets à la barbe rousse que nous lui avons fait découvrir sa destination surprise. Ce moment était magique à mes yeux. L’énervement, la surprise, la joie… La délivrance (ENFIN on allait pouvoir en parler publiquement sans avoir peur que ça vienne à ses oreilles)!!! Je vais me souvenir longtemps de cette soirée.

Pardonnez la piètre qualité de photo, mais c'était pas mal le dernier de nos soucis à ce moment-là! ;)
3 jours plus tard, nous nous envolions pour Dublin et à partir de là nos courageux hommes prenaient  le volant (à droite!) d’un 7 passagers pour nous conduire (à gauche!) jusqu’à la Péninsule de Dingle, là où nous avions loué un petit cottage bien chaleureux pour 4 nuits. Ouf! Premièrement, conduire du sens contraire à celui que tu connais depuis toujours c’est complètement fou et deuxièmement, les routes d’Irlande sont étroites en maudit. Chapeau à mon chum qui s’est aventuré en premier. J’avais des sueurs juste à regarder la route devant nous et je me cachais les yeux les fois où on croisait un véhicule à sens inverse en me disant que c’était impossible que deux voitures réussissent à passer là… Pourtant. On est arrivé au cottage vivant sans trop de grafigne sur les côtés de l’auto. Hourra!


Notre première soirée dans la péninsule de Dingle a été plutôt tranquille, nous nous sommes quand même rendus en fin de journée à Dingle même histoire de nous mettre quelque chose dans le ventre (mmm un bon fish and chips et un premier irish coffee parce que t'sais...) et faire l'épicerie des prochains jours. Dingle nous a charmés tout de suite avec ses maisons colorées et ses pubs typiquement irlandais. J'ai essayé de tendre l'oreille par la fenêtre des pubs déjà bien remplis pour  y attraper quelques notes de musique traditionnelle, mais en vain. On avait déjà hâte au lendemain matin pour voir la ville sous le soleil. 


Le lendemain matin, nous ne nous sommes pas fait prier pour sauter dans la voiture partir découvrir ce que la Péninsule avait à nous offrir. Notre première halte: un tour de bateau pour aller voir le populaire dauphin sauvage de Dingle, Fungie. Je ne crois pas qu'il y aurait eu une meilleure façon de débuter notre voyage que sur l'eau, au gros soleil, à voir Fungie sauter et à observer le paysage à partir de l'eau. Quelle beauté...  


Nous en étions qu'à nos premières vues d'Irlande et déjà nous étions impressionnés par toute cette verdure et cette vastitude. Ça respirait! Je crois que c'est ce dont nous avions tous besoin comme endroit... La nature a le don de nous faire du bien, de nous ramener à l'essentiel. 


À partir de ce moment, il s'est passé quelque chose de spécial, je l'ai senti. Le début d'une belle histoire d'amour avec ce pays... Et ce n'est pas juste moi! L'homme planifie déjà le prochain voyage. Il y a trop à voir, c'est la nature à son meilleur... On était bien. C'était simple. On se sentait chez nous.

Expatriation : L'éloge de nos précieuses amitiés.


Mon amie est partie. Ce matin, en étant bien consciente que l’émotion me gagnait tranquillement, j’ai ravalé quelques fois en fermant la porte. J’ai ressenti que toutes deux on ne voulait pas s’attarder avec les « Bye! Bye! », on a fait ça vite. Comme si on allait se revoir demain soir, y’a rien la. À tantôt! Je n’ai pas pleuré, pas cette fois et ce malgré le fait que les dernières semaines ont été fabuleuses et tellement thérapeutiques pour moi. Définitivement, j’aurais bien gardé Maude et Steve près de nous encore longtemps, tout le temps. T’sais je veux dire du même côté de l’océan, dans le même pays et dans la même ville! Maude c'est ma meilleure amie, c'est la marraine de Lili, elle fait partie de ma vie depuis tellement longtemps. Notre relation m’avait manquée dans les derniers 14 mois, plus que je pensais, mais, mais, MAIS... Je ne pouvais pas pleurer parce que j’étais en même temps tellement reconnaissante des moments fous que nous venions de passer ensemble, nous n’aurions pas pu demander mieux. 



Depuis le début de cette expérience d’expatriation, j’ai volontairement mis de côté les moments plus durs, les embuches, les jours moches et j’ai partagé beaucoup plus souvent le « beau » de l’aventure. Je ne le fais pas pour cacher la vérité ou prétendre nager dans le bonheur, oh que non. Je le fais seulement parce que me concentrer sur mes petits et grands bonheurs de mon quotidien me fait du bien et me permet de continuer de foncer. En écrivant et mettant ma créativité à l’action derrière ma caméra, ça me fait prendre conscience de toute la chance que j’ai et me pousse à adopter une attitude positive jour après jour (du moins j’essaie). Je n’en ai pas beaucoup parlé sur le blogue, mais vous vous doutez sans doute, des moments où le moral ne suivait plus, il y en a eu dans la dernière année. Ce que j’ai probablement trouvé le plus dur c’est d’être loin de notre monde. Et lorsque je dis « de notre monde », j’entends par la ma famille, mais aussi et surtout mes bonnes vieilles amies. J’ai rencontré des gens extra ici, c’est une chance de pouvoir les côtoyer et vivre l’expérience européenne en même temps qu’eux. Nous avons une superbe communauté canadienne outre-mer et j’en suis reconnaissante. Mais vous savez ce que je veux dire… Une amie avec qui raconter sa journée ou encore mieux, une amie avec qui « être », dans la plus grande authenticité, en toute simplicité, sans devoir parler… Profiter du moment à deux, et « vivre » les silences sans la moindre goutte de malaise. Vous savez ce genre d’amitié qui ne s’achète pas et que seul le temps, le respect et l’amour peuvent fabriquer. Ça, ça, ça! Ça m’a manqué! Oh god, tellement. J’ai la chance d’en avoir quelques exemplaires de cette précieuse amitié moi de l'autre côté de l'océan, quelle chance j’ai!


Bref, ce mois d’octobre fut un pur bonheur et un beau gros vent de fraicheur pour continuer d’avancer et pour me préparer à affronter les mois gris de l’Allemagne qui s'installent doucement. C’est exactement ce dont j’avais de besoin. L'amitié c'est le remède à bien des maux. 

Il y a eu Paris et l’Irlande aussi. La Belgique et un petit peu d’ici, bien sûr. Mais le plus important dans tout ça c’est que nous étions enfin ensemble et que j’ai pu partager avec mon amie, en temps réel, un petit bout de notre vie européenne. Il n’y a rien comme le contact humain, le vrai de vrai.

Prost!  Cheers! Chin chin!

À l’amitié, la vrai de vrai. 
Peu importe la distance et le temps qui passe.