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Blabla du mercredi : Lili et le Canada.


Je vous avoue que cette semaine en est toute une à la maison! Même si l'homme est en vacances, on court dans le but de réaliser tous les derniers préparatifs avant notre départ pour la Slovénie et la Croatie (nos vacances d'été un peu avant le temps!). Il ne se passe pas grand chose de palpitant, je perds beaucoup trop de temps à flâner sur YouTube à regarder les chaînes de mes nouvelles meilleures amies (HAHA!) et à procrastiner sur le début des bagages.  J'avais tout de même envie de passer par ici vous jaser un peu. Je crois que je m'ennuie de mes amies ces temps-ci. Il se passe plein de trucs dans leur vie et j'ai vraiment l'impression d'être loin, trop trop loin. Il y a des semaines comme ça où l'isolement se ressent davantage dans mon humeur. Dans ce temps-là je deviens nostalgique de tout et je me mets à penser trop loin (les enfants, ma carrière, notre prochaine maison...), j'angoisse un peu pour rien et je m'énerve vraiment moi-même lorsque je suis comme ça. Et pour reprendre les mots d'une fille qui était dans la même situation que moi (une Canadienne qui habitait Bruxelles et qui vivait la vie d'expatriée due au travail de son conjoint) : quand tu t'ennuies et le mal du pays te prend, pars en voyage! Je suis convaincu que notre petite escapade sous le soleil de l'Adriatique me fera le plus grand bien. 

Hier, comme d'habitude j'ai bordé les minis à tour de rôle, je les ai couverts de bisous (god que j'adore embrasser leurs petites joues) et j'ai allumé leur petite lumière en leur souhaitant bonne nuit. C'est là qu'avec son air des plus sérieux, Lili m'a demandé de m'assoir à côté d'elle. 

-J'ai quelque chose à te dire maman. 

Wow, ça sonnait bien officiel sortant de sa bouche de petite fille de 6 ans. Et puis, sortant ça de je ne sais trop où, elle m'a dit qu'elle ne voulait pas retourner au Canada. 

-Je ne veux pas retourner au Canada. Pourquoi il faut qu'on déménage au Canada? Je veux rester ici pour toujours. Je ne veux pas laisser mes amis ici, je veux les apporter avec moi.

BOUM! C'était dit! Et il a fallu jaser un peu elle et moi, vous imaginez. 
Bien qu'on en fait souvent mention avec les enfants (vous savez quand on retournera au Canada... On n’est pas ici pour toujours... Dans notre prochaine maison...) Lili n'avait jamais vraiment montré de réticence face à nos propos. Elle semblait bien comprendre la situation et ne pas trop s'en faire avec ça. Je sais que c'est un des obstacles que doivent franchir la plupart des parents qui vivent cette vie de militaire, faire accepter tous les déménagements à leurs enfants, leur expliquer pourquoi ils doivent changer d'école et quitter leurs amis... Mais pour nous, malgré le 3e déménagement de Lili je crois que celui que nous vivrons en partant d'ici sera le premier où elle aura vraiment conscience de tout ce que ça implique et où elle risque d'être un peu plus affectée. Bref, je faisais face pour la première fois à cette situation hier et je vous avoue que ça m'a ébranlée un peu. Même si je sais que nous ferons de notre mieux pour bien préparer les enfants lorsque le temps viendra afin de faciliter la transition, je crois qu'il est juste normal d'avoir quelques craintes. Et il y a toujours cette petite voix en moi qui me dit que oui, OK, c'est la vie que D. et moi avons choisie, mais les enfants eux n'ont rien demandé de tout ça. T'sais, la culpabilité de maman... 


Ces temps-ci à l'école, je sais que la classe à Lili étudie le Canada dans le but de préparer les célébrations de leur journée de la culture. Chaque jour elle me raconte ce qu'elle a appris, hier par exemple elle m'expliquait qu'il y a une ville qui s'appelle Toronto et que là-bas il y a une tour qui se nomme CN Tower (j'étais bien fière de l'entendre!). Enfin elle parlait d'autre chose que des Polar Bears (à croire qu'il y a juste des ours polaires au Canada! Selon ce qu'elle racontait, ça devait faire une semaine qu'ils parlaient des ours! ahaha). Étant donné qu'ils sont seulement 2 Canadiens dans sa classe, j'imagine qu'ils doivent être souvent questionnés sur ce qu'ils se rappellent de leur pays. Lili a dit au professeur qu'elle est née à Québec, directement dans le château! Rien de moins... J'ai éclaté de rire quand elle m'a dit ça! 

J'imagine que c'est le fait de parler autant du Canada ces jours-ci qui lui a fait penser à notre prochain déménagement et que c'est la raison de ses propos d'hier. En plus, depuis 4-5 jours, elle s'est remise à faire des terreurs nocturnes où elle se réveille en hurlant 1-2 heures après s'être endormie (j'en avais déjà un peu parlé ici). Elle me réclame même si je suis à côté d'elle, elle est complètement paniquée et un peu entre deux mondes. Elle raconte n'importe quoi, rien de bien cohérent et vraiment, je vois la terreur dans ses yeux. Ça me brise le coeur de la voir comme ça, pauvre amour. Je la rassure comme je peux. Elle est sensible ma petite cocotte et je sais qu'elle capte beaucoup les émotions de nous tous à la maison, ça se reflète beaucoup sur son tempérament. Bref, le soleil, les vacances et du bon temps en famille seront sans doute tellement bénéfiques pour toute la famille. 

J'espère que vous passez une belle semaine et que le beau temps est de la partie. 

Je vous embrasse!

Vanmay xox

 *Ahhh et les photos sont des images prises à Mallorca en février passé lors de notre dernière visite à la mer. J'ai si hâte de la retrouver! ;) 

Radhadesh (Château de Petite Somme): Une initiation à l'hindouisme en plein coeur de la Belgique.


Une des nombreuses choses qui ont changées en nous depuis notre arrivée ici et notre initiation aux voyages est sans aucun doute notre intérêt et notre ouverture d'esprit sur le monde, sur les différents pays et différentes cultures. Je sais que même lorsque l'aventure européenne sera terminée, nous ne nous arrêterons pas de vouloir explorer le globe, bien au contraire. Je crois que notre passage en Europe est l'occasion parfaite de renforcer nos habilités de voyage avec les enfants pour ensuite passer à la prochaine étape et se dépayser encore un peu plus chaque fois. J'ai toujours été intriguée par l'humain, sa façon de vivre et de penser. Je suis intéressée par les religions, les traditions, les coutumes... Surtout celles qui sont les plus différentes des nôtres. C'est important d'être conscient qu'il n'existe pas seulement une façon de vivre la vie, de croire et de pratiquer et Daniel et moi croyons surtout que c'est  doublement important d'ouvrir les yeux de nos enfants sur toute cette diversité, dans le respect bien sur. Cette après-midi-là après notre visite à Durbuy (Ardenne Belge), nous avons eu une belle occasion d'aller nous saucer le bout des pieds en Inde dans une communauté spirituelle nommée Radhadesh. Moi qui ai toujours été attiré par ce pays qui déborde de couleur, il était plus que certain que je souhaitais qu'on s'y arrête un instant.  


C'est aux environs de Durbuy, à l'intérieur du château de Petite Somme que prend place la communauté de Radhadesh. Le château a été entièrement transformé et dès les premiers pas à l'intérieur, on se sent tout de suite ailleurs. De la couleur, de la dorure, des peintures des différentes divinités de l'Inde, des adeptes portant l'habit blanc, la marque dans le front. Pour moi, tout était pratiquement nouveau. Ce que je connaissais de cette religion était ce que j'avais vu dans les films ou lu dans les livres. 

7 euros par adulte plus tard (gratuit pour les enfants de moins de 6 ans), un des fidèles de la communauté nous invitait à procéder à la visite guidée du temple (en français en plus! Yé!). Nous avons pu visiter quelques pièces, en apprendre davantage sur Krishna (et les autres dieux), sur le fondateur de la communauté (ISKCON) et nous faire expliquer à quoi ressemblait la vie à l'intérieur de la communauté ce qui selon moi était le plus intéressant. Lili était toute fière de dire à notre guide qu'elle connaissait Shiva et Bouddha (comme s'ils étaient ses grands chums! ahah). J'ai été étonné de voir comment les adeptes étaient dévoués à leur religion et je vous avoue que ça m'a bien fait réfléchir sur la place qu'occupe notre religion dans nos vies à nous. Mon moment coup de coeur est probablement lorsque nous nous sommes déchaussés et installés dans la chambre des prières. Notre guide (l'adepte, le fidèle, le disciple... Je ne sais pas trop comment l'appeler.) nous a expliqué le déroulement des prières et ce que représentait toutes les figurines devant nous. OMG toutes les couleurs et les outfits... Lili se serait fait bien du plaisir à les changer à tour de rôle! C'est cependant le rituel d'une cérémonie quotidienne qui doit être impressionnante à regarder.  Nous avons eu la chance d'écouter un peu d'harmonium et de chanter. Derrière nous un père et ses enfants semblaient prier ou méditer, un autre fidèle transcrivait une prière sur un grand tableau... C'était vraiment un moment intéressant et un peu déstabilisant je vous l'accorde. J'étais partagée entre le sentiment de trouver ça super beau ou vraiment trop intense. Je crois que c'est un sentiment normal lorsqu'on se retrouve devant la différence ou l'inconnu. Certes, nous avons tous appris beaucoup et avons ouvert un peu plus notre vision ainsi que notre esprit sur le monde et spécifiquement sur cette religion. 


Nous avons terminé le tour avec une visite à la boulangerie située juste à côté du château et tenue par les membres de la communauté. Nous avons pu gouter à de délicieux petits biscuits à la noix de coco, un vrai délice! Ensuite, nous sommes allés voir la boutique qui offrait une foule de produits aux couleurs de l'Inde. Par manque de temps, nous n'avons pas eu la chance d'essayer le restaurant qui se trouve sur place également, mais à en croire les commentaires positifs qu'il suscite, il serait super.

Je dirais qu'en général, j'ai vraiment aimé notre bref passage à Radhadesh et je sais que Lili aussi a apprécié puisqu'elle en a longtemps reparlé les jours qui ont suivi. Par moment, il y avait de gros silences. Est-ce que c'était voulu ou non? Je l'ignore, mais j'avais l'impression qu'il manquait un peu d'interaction et qu'à la limite ça entrainait quelques malaises. Si j'avais a y retourner, je crois que j'essayerais d'y aller durant leur festival ou lors de la haute saison ou les animations doivent être un peu plus présentes. C'était tout de même génial d'explorer un petit peu d'une nouvelle religion et d'un nouveau pays en étant à la fois, tout près de la maison. Et le faire avec mes minis (et nos amis!), ça rendait le tout encore plus agréable. Si vous passez par le coin et que vous vous intéressez à l'Inde ou à la spiritualité, je vous le recommande sans hésiter.

Pour visiter le site internet c'est ICI.


Durbuy (Belgique) la plus petite ville du monde


Bienvenue à Durbuy dans la région de la Wallonie en Belgique. Paraitrait-il que c'est la plus petite ville du monde et que ça fait partie des plus belles places de Belgique. Il ne nous en fallait pas plus pour avoir envie d'aller y passer une petite journée. On a paqueté nos petits, nos sandwichs et puis go pour Durbuy, mini ville au charme énorme!


Lorsque j'avais fait mes recherches la veille, j'avais lu que l'espace de stationnement de Durbuy était probablement plus grand que la vieille ville elle-même. Ils avaient bien raison... C'est plus ou moins 400 habitants, un château, quelques rues et quelques commerces. Croyez-moi ce n'est pas sa petite taille qui la fera moins belle! J'ai 100 x plus les petites places pleines de charme et de cachet qu'une grosse ville qui va trop vite et qui déborde de touristes, d'automobiles et de magasins populaires. Bon, je vous avoue qu'on fait rapidement le tour de la ville, mais il y a suffisamment de belles petites choses à voir pour y flâner toute une journée. Et je ne vous parle pas de tous les petits restaurants qui avaient l'air agréables. Mais nous avons déambulé un bon moment dans les mignonnes petites rues avant de nous empiffrer de succulent chocolat belge sous différentes formes. Le chocolat... C'est vraiment un outils génial pour garder les petits relativement disciplinés: «Soyez gentils si vous voulez manger du chocolat tout à l'heure...». #mèreindigne 


Aux abords de la vieille ville, on retrouve beaucoup de verdure, de nature, d'espaces tranquilles où les amateurs de vélo et de kayak seront servis. Nous, nous nous sommes contentés de nous y pavaner à pied, mais ce n'était pas moins amusant. 


J'adore les rues en pierre (surtout depuis que nous ne trainons plus de poussette), elles me manqueront assurément à notre retour au Canada. J'aime le charme qu'elles apportent et l'histoire qui transperce le sol. C'est définitivement dans des petites rues comme celles-ci que j'aime le plus me promener (après le sable de la plage, évidemment). J'aime observer, je ne vous apprend rien ici hein. Il y a tellement de beaux petits détails dans les rues de cette vieille ville que j'aurais bien pu en faire le tour 4 ou 5 fois sans jamais réussir à tout voir.


Elliot grandit tellement et c'est quand je le vois en photo que ça me frappe davantage. J'ai peine à croire qu'il commence déjà l'école à temps plein dans moins de 2 mois et demi. Ouf, mon coeur de maman. 


Cette photo (ci-haut) fait vraiment partie de mes favorites! Elle finira assurément dans un cadre et sur notre mur de souvenirs de voyage. Nous prenons vraiment plaisir à découvrir tout doucement la Belgique et c'est magnifique. C'est une énorme chance que nous avons de pouvoir éplucher ce pays de font en comble vu sa proximité avec notre lieu de résidence. L'an passé nous sommes allés visiter Dinant en pleine tempête de neige (ce qui rendait le tout encore plus magique), cet hiver c'est Bruges et Gand que nous avons explorés et à chacun de ces endroits nous avons toujours été grandement surpris. 

C'est bon de te découvrir, belle Belgique. 


ten on ten: mai 2016

J'avais bien hâte à l'arrivée du 10 pour me prêter à nouveau à ce fabuleux challenge photographique. J'adore porter attention aux petits détails du quotidien et ce défi est une façon de le faire plus sérieusement. J'ai encore ce mois-ci, beaucoup de photos. La sélection a été dure, mais je suis contente d'avoir parvenu à capturer une autre journée de notre quotidien, notre chez nous, « nous » à l'état brut sans fla-fla ni artifice. Quel beau souvenir ça me fait! 

Aujourd'hui c'était une journée grise, pluvieuse et surtout humide. Vous savez, le genre de matin ou les pieds te collent un peu sur la céramique alors que pourtant il est encore bien tôt et que les fenêtres de ta maison ont été ouvertes toute la nuit. Ça promettait! On se croyait en juillet. J'avais prévu me tirer du lit vers les 5h00 pour avoir du temps en tête à tête avec moi même, mais je n’ai tout simplement pas entendu l'alarme. Ce sera pour une prochaine fois... 

La journée a débuté comme la plupart des autres. Elliot s'est levé le premier, suivit de Lili. Ils se sont collés sur le divan devant des petits comiques sur netflix pendant que je préparais le déjeuner, la boite à lunch et tout le reste. Chez nous les matins sont slow, très slow... Et c'est comme ça qu'on les aime. 


Daniel travaillait de la maison aujourd'hui, dans ce temps-là j'ai l'occasion de me consacrer à 100% à ma Lili sur le chemin de l'autobus parce qu'Elliot reste à la maison. Ça nous permet de parler un peu plus juste elle et moi. Elle grandit.


Avant que la pluie se remette à tomber, entre deux averses, nous avons pris le temps d'aller jouer un peu dehors dans la cour arrière. Marcher dans le gazon nu-pieds, les gouttes d'eau sur les orteils... Ça l'a bien fait rire. Je le vois grandir et je vois le temps filer. Déjà en août, malgré ses tout petits 3 ans et 8 mois, il commencera l'école à temps plein. Je savoure chacun de ces derniers moments privilégiés, collé-collé, juste lui et moi. Leur petite-enfance vaut de l'or... Jouer, cuisiner, explorer, faire la sieste quand bon nous semble... Je suis tellement contente d'être à la maison pour en profiter jusqu'à la fin.


Et puis bon, la journée passe. Il y a ma commande du Old Navy qui est arrivé. On refoule tranquillement les tiroirs avec le linge d'été. Je crois que j'ai misé juste pour Lilou, elle ne voulait plus enlever ses nouveaux vêtements. OMG Maman, c'est tellement fashion... Sacré Lili.


Pour la fin, quoi de mieux qu'un Kraft diner avec des saucisses (merci à l'épicerie de la base américaine!) pour mettre un peu de soleil dans cette journée grise. Mes enfants en raffolent que voulez-vous! Si ça prend juste ça pour leur faire plaisir une fois de temps en temps... Nous on s'est plutôt régalés dans les restants de la veille. 

Ah et c'est beau un homme qui fait la vaisselle, hein! Je trouvais que ça ajoutait un petit plus à la composition de ma photo! hihi 

Pour ma part, je vous laisse deviner dans quelle autre tache ménagère je me suis lancée... Bordel, ça ne finit jamais!   

xox



Ten on ten : Défi photographique initié en 2008 par Rebekah Gough et repris (five on five maintenant) par Lyne de Confession de French Lily. Le 10 de chaque mois, 10 photos pour rendre hommage à tout ce qu'il y a de beau dans le quotidien de nos vies ordinaires.  Dix photos c'est trop? Il existe aussi le five on five! Bref, l'important c'est de capturer cette beauté qui vit chez vous

Notre journée au camp de concentration... en famille.


Il y a quelques semaines nous sommes allés visiter un camp de concentration, celui de Bergen-Belsen situé au nord de l'Allemagne. C'était notre première fois. 

Depuis que nous habitons l'Allemagne, Daniel et moi nous sentons bien évidemment plus interpelés par l'histoire des guerres. Nous écoutons beaucoup de documentaires, nous sommes témoins de certaines célébrations commémoratives, nous visitons des lieux historiques... Et même parfois, sans le vouloir, de petites choses croisent notre chemin et nous rappellent comme l'Allemagne à une histoire lourde à porter. En déménageant ici, nous savions que vous voulions explorer en profondeur notre pays d'adoption. Après tout, il marquera quand même un chapitre important de notre histoire familiale. Il était certain que nous ne voulions pas fermer les yeux sur les horreurs de la guerre qui se sont passées sur ce bout de terre, au contraire, nous tenions à les voir, à nous en rappeler, à y réfléchir et à grandir un peu en tant que personne face à tout ça. 

Je me suis questionnée longtemps. J'ai fait des recherches sur internet pour avoir différents avis de la part des gens ayant déjà visité le camp. Est ce que mes enfants de 3 et 6 ans ont d'affaire à aller là? C'était ma question. Pour être franche, la majorité était contre. Ça semblait presque unanime, cet endroit n'est pas recommandé aux jeunes enfants. Je pouvais franchement très bien comprendre pourquoi sans même y avoir mis les pieds encore. Un centre de documentation comme celui-là se veut avant tout un lieu de commémoration et de ressourcement. C'est une place qui te vire à l'envers, qui te donne froid dans le dos, qui te fait mal au ventre. Ce n'est pas de la fiction, c'est la réalité, c'est la triste et horrible réalité. Personne ne souhaite voir des enfants énervés courir partout, grimper sur tout, crier ou déranger. Ce n'est pas qu'on en veut aux enfants, il faut bien comprendre. Ce n'est juste pas l'endroit idéal pour eux. Tu ne vas pas visiter un camp de concentration comme tu vas manger une crème glacée au chocolat. 

Je savais un peu à quoi m'attendre, j'étais avisée. Et parce que nous nous sommes questionnés sérieusement, parce que nous avons pris le temps de discuter Daniel et moi, parce que nous connaissons nos enfants, leur comportement, leur taux de tolérance et parce qu'avant tout nous souhaitons profiter de toutes les occasions de cette grande aventure allemande pour faire grandir nos petits et leur apprendre la vie... Nous avons décidé de visiter le camp de concentration Bergen-Belsen en famille, avec Lili et Elliot. Rosie, la marraine à Daniel qui habite ici était avec nous. C'était, malgré la tristesse de la chose, une belle expérience et jamais je n'ai regretté ma décision d'y apporter les enfants. Je ne dis pas que c'est la meilleure décision pour TOUTES les familles. Je dis seulement que vous (parents) êtes les mieux placés pour décider. Il faut seulement s'entendre sur une chose, le respect de tous et chacun est primordiale. 


C'était un dimanche d'avril, une journée spéciale puisqu'on célébrait le 71e anniversaire de la libération du camp par les Britanniques. Il y avait plusieurs personnes qui étaient venues se recueillir, beaucoup de juifs, certaines familles des victimes et même des survivants. Je n'ai pas besoin de vous dire que ça rendait l'expérience encore plus profonde. En entrant dans le cimetière des gens offraient des tulipes pour que nous puissions les déposer sur notre chemin, là où nous en aurions envie. Rapidement, l'atmosphère devenait particulière. On pouvait apercevoir les fondations des bâtiments du camp, devant chacune était inscrit des mots en allemand... Rosie m'a expliqué qu'il était indiqué le nombre de juifs mort dans ces bâtiments. Un peu plus loin, il y avait des pierres tombales, des tulipes déposées ici et là. C'était calme, froid, serein à la fois. On entendait même des oiseaux chanter. Drôle de mélange pour un endroit comme celui-là... Tu ne peux pas faire autrement que d'être touché et de ressentir quelque chose. Je ne sais pas quoi. De l'incompréhension, de la rage, de la tristesse... Et du respect, de la compassion, de l'espoir pour que plus jamais ça ne se reproduise.  L'humain est capable de belles choses, mais de choses tellement horribles à la fois. 


Bergen-Belsen est le camp de concentration où Anne Frank et sa soeur Margot ont trouvé la mort. Pour leur rendre hommage, c'est à cet endroit qu'une pierre tombale a été installée. Lilirose connait Anne Frank et son histoire. Lors de notre visite à Amsterdam, je lui en avais parlé, nous avons passé devant sa maison et je lui avais raconté son histoire, dans des mots d'enfant. Elle n'a pas tout compris je sais, mais elle a été beaucoup touchée et intriguée par cette petite fille. Nous avons même loué des livres pour enfant à la bibliothèque plusieurs fois parce qu'elle voulait qu'on lui lisent l'histoire de la petite Anne, encore. C'est quand même gros pour un enfant de 5-6 ans. Nous n'avons jamais vraiment insisté sur le pourquoi, mais plutôt sur le fait que dans la vie certaines personnes partent au ciel beaucoup trop tôt et injustement. Bref, Lilirose était "contente" de voir cet endroit précis et de s'apercevoir comme Anne Frank était aimée par plusieurs personnes, beaucoup d'enfants. C'est là que nous avons tous déposé nos tulipes.  


Alors qu'une cérémonie se tenait au mémorial, nous avons plutôt choisi de poursuivre notre chemin dans les sentiers du cimetière qui étaient pratiquement déserts (c'est plutôt un grand parc...). Les enfants pouvaient alors marcher et courir sans déranger. Un peu partout des panneaux informatifs étaient installés pour nous expliquer ce qui se trouvait aux différents endroits lorsque le camp était en opération. Plusieurs photos en noir et blanc, nous représentaient la vie d'autrefois... La triste réalité. 


Je vais toujours me souvenir de cette journée à marcher dans les traces de cette triste histoire, je vais me rappeler comment le moment était calme et silencieux malgré la lourdeur des vies brisées qui reposent sur le sol. Et entre vous et moi, voir mes enfants y courir, plein sourire et énergiques comme toujours, c'était un beau contraste... Un peu déstabilisant, mais malgré tout très beau. Les enfants c'est la vie, c'est l'espoir. 

Après avoir fait le tour du cimetière, nous sommes allés visiter le centre de documentation qui se trouve juste à côté. Les expositions y sont dures. À certains endroits (à l'entrée des petites salles où sont projetés des vidéos explicites par exemple) on peut lire des avertissements concernant les enfants, ce que j'ai vraiment apprécié. Daniel et moi nous étions dits que si jamais c'était "trop" pour Lili et Elliot, nous allions tout simplement sortir et y aller à tour de rôle lui et moi. C'était franchement bien correct comme ça. Nous avons quand même pu "filtrer" ce que nous souhaitions montrer à Lili (parce qu'Elliot ne comprend pas grand chose vu son jeune âge donc n'était pas touché par ce qu'on voyait) et répondre du mieux possible à ses questions. Ce que nous voulions surtout c'était de ne pas "traumatiser" les enfants, mais de ne pas se priver de visiter un lieu si important non plus. Je pense qu'on a très bien su gérer et j'en suis heureuse. J'ignore si nous irons visiter d'autres camps dans le futur, mais cette visite nous a fait grandir déjà énormément.